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Préservation et gestion du milieu marin.

Annonce d’un plan national d’actions en faveur de la protection des cétacés pour fin 2019.

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publié le 26 mars 2019 (modifié le 27 mars 2019)

Crédit Photo : Fondation Nicolas Hulot.

La population de dauphins communs est estimée à environ 200 000 individus dans le golfe de Gascogne.

Depuis plusieurs années, l’échouage de dauphins communs en très grande majorité, et de marsouins, est malheureusement observé de manière récurrente en période hivernale (de décembre à avril) sur le littoral Atlantique, principalement en Vendée, en Charente-Maritime et en Gironde.

Ces deux derniers hivers, ces échouages se sont encore amplifiés, atteignant un pic « record » cet hiver   : 1 107 cétacés recensés au 19 mars 2019 par le réseau national d’échouages (coordonné par l’observatoire Pelagis1) depuis le 1er décembre 2018, contre 850 individus échoués sur la même période en 2017 (précédent hiver record).

Suite à l’expertise des carcasses, les scientifiques ont estimé que la mortalité est principalement causée par des captures accidentelles : 52% des cétacés retrouvés échoués depuis 10 ans présentent des traces de captures accidentelles.

De plus, les scientifiques évaluent que seuls 20 % des petits cétacés capturés accidentellement s’échouent sur nos côtes et par conséquent, qu’environ 4 000 dauphins sont capturés accidentellement dans le golfe de Gascogne chaque année (hors l’année 2019 en cours).

Depuis avril 2017, un groupe de travail national, auquel participe la DIRM Sud atlantique, a été mis en place. Il réunit l’administration, les scientifiques, les professionnels de la pêche et des organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, afin d’améliorer les connaissances sur les interactions entre la pêche et les mammifères marins et de définir collectivement des mesures pour limiter ces risques.

Dans ce cadre, deux mesures concernant les chaluts pélagiques français pêchant dans le golfe de Gascogne ont été mises en place pour la période du 1er décembre 2018 au 30 avril 2019 :
- Une première mesure vise à améliorer la connaissance sur les interactions entre cette flottille et les populations de mammifères marins, par une augmentation d’observateurs embarqués à bord de cette flottille (programme OBSMER), et le marquage des individus rejetés en mer afin de pouvoir préciser le taux d’échouage des individus rejetés.
- Une seconde mesure vise directement à prévenir ces captures : les chaluts pélagiques français opérant dans le golfe de Gascogne sont tous équipés de dissuasifs acoustiques (« pingers ») visant à limiter l’entrée des cétacés dans les chaluts. Le modèle utilisé a été retenu, suite à de précédentes expérimentations montrant une diminution de 65 % des captures accidentelles.

De plus, l’obligation de déclaration des captures accidentelles par tous les professionnels de la pêche2 est également entrée en vigueur au 1er janvier 2019. Ces déclarations font désormais partie des données d’activité de pêche professionnelle. Pour cela, un guide d’identification des espèces de mammifères marins et d’aide à la saisie dans les outils déclaratifs a été diffusé aux pêcheurs professionnels, il est disponible au lien suivant :
https://agriculture.gouv.fr/peche-comprendre-et-prevenir-les-captures-accidentelles-de-mammiferes-marins

Dans ce contexte particulier, le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy s’est rendu à l’observatoire Pélagis de la Rochelle le 22 mars dernier : il a annoncé l’élaboration pour décembre 2019 d’un plan national d’actions en faveur de la protection des cétacés, en collaboration avec le ministère de l’agriculture et de l’alimentation.

Ce plan visera :
- à améliorer la connaissance des impacts de l’activité humaine sur les cétacés (le ministre renforce pour cela les moyens financiers qu’il alloue à l’observatoire Pélagis),
- à réduire ces impacts, prioritairement en réduisant les risques de collision et de captures accidentelles, de perturbations intentionnelles, de bruit sur les cétacés,

1-L’Observatoire Pélagis est un centre d’observation et d’expertise sur la conservation des populations de mammifères et oiseaux marins. Il s’agit d’une unité mixte de recherche de l’Université de La Rochelle et du CNRS.

2-Arrêté du 6 septembre 2018 portant modification de l’arrêté du 1er juillet 2011 fixant la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection.